Château de Cheverny
La splendide décoration intérieure est l’œuvre du blésois Jean Monier. Ce dernier avait bénéficié, en son temps, de l’appui de Marie de Médicis qui l’envoya parfaire son talent en Italie. A son retour, Marie de Médicis l’employa au palais du Luxembourg. Puis il revint à Blois, sa ville natale. Auréolé d’un succès mérité, il est appelé à Cheverny pour y exercer son talent.
A Cheverny, Jean Monier est davantage connu pour ses éléments de décoration que pour ses toiles. Ainsi, 34 panneaux de bois peints et dispersés sur les parois de la salle à manger retracent l’histoire de Don Quichotte (le héros de Cervantès). A l’étage, il faut admirer la somptueuse décoration de la chambre du Roi avec en particulier, le plafond à caissons (scènes de l’histoire de Persée et Andromède) et les lambris (support de l’histoire de Théagène et Chariclée).
Le décor de la salle d’armes est plus feutré que celui de la Chambre du Roi, à l’exception peut-être de la magnifique cheminée. A l’instar de celle de la chambre du Roi, ses motifs ont été peints et restaurés à la feuille d’or comme les deux amours qui semblent tenir une des rares toile de Jean Monier, intitulée : « la mort d’Adonis ».
Le château de Cheverny a toujours été habité et les générations qui s’y sont succédées ont toujours eu le sens du raffinement. Ce qui explique sans doute la présence de nombreuses pièces de mobilier de différentes époques et maintenues dans un état remarquable.
Entre beaucoup d’autres, il faut citer la commode Boulle Louis XIV du salon des tapisseries qui abrite aussi un régulateur, orné de bronzes ciselés, d’époque Louis XV. Cette merveille d’horlogerie était destinée à donner l’heure de référence pour régler en conséquence les autres pendules du château. Comment ensuite ne pas tomber d’admiration devant la fabuleuse tapisserie des Gobelins (jamais restaurée) trônant dans la salle d’armes. Nous n’oublierons pas enfin le merveilleux lit à baldaquins recouvert de broderies persanes et dans lequel a dormi le Roi Henri IV.
La salle à manger
Les murs et parois de la grande salle à manger du château sont tendus de cuir de Cordoue d’origine, frappé des armoiries de la famille. Une trentaine de peintures sur bois retrace les aventures de Don Quichotte, le héros de Cervantès. Un remarquable mobilier, table et buffet, en chêne massif vient compléter la décoration de cette pièce, sans oublier la monumentale cheminée néo renaissance ornée du buste du roi Henri IV.
L’escalier d’honneur
L’Escalier d’honneur du château, à montée droite avec palier à mi-étage, surprend par ses grandes dimensions. Il est richement orné de motifs sculptés .Sur le premier palier, une armure savoyarde du XVI siècle, surmontée des bois de l’ancêtre de l’élan, le Cervus Megaceros.
Appartements privés
Ouverts à la visite depuis 1985, il s'agit d'une suite de pièces dotées d'un splendide mobilier, en majeure partie datant du XIX siècle. A remarquer tout particulièrement, la chambre jaune et la chambre de la Mariée.
La salle d’Armes
Cette salle, la plus grande du château, a conservé ses dimensions et son décor d’origine peint au XVII siècle par Jean Monier. Le plafond à poutres et solives apparentes est dit « à la française ». Sur les murs, les différents panneaux de lambris sont le support de devises et jeux de mots en latin très en vogue à l’époque.
Le mobilier se compose, entre autres, d’une collection d’armes et d’armures des XV et XVI siècles, d’une tapisserie des Gobelins et d’une suite de fauteuils Régence.
La chambre du Roi
Cette somptueuse chambre, réservée aux hôtes de marque, conserve un magnifique décor (plafond à caissons, panneaux de lambris et cheminée), support de grandes légendes tirées de la mythologie.
Le roi Henri IV a dormi dans le lit à baldaquins, recouvert de broderies persanes, quand ce dernier se trouvait dans l’ancien château.
Le vestibule
Véritable hall d’entrée de la demeure. Le mur du fond est occupé par une tapisserie Flamande du XVII siècle.
Le grand salon
Cette pièce est surtout l’œuvre de la Marquise de Montglas, la fille du constructeur. Parmi ses invitées, la célèbre Mademoiselle de Montpensier (la « Grande Mademoiselle ») qui qualifiait déjà Cheverny de palais enchanté.
Parmi les toiles exposées, il faut s’arrêter sur les portraits de Marie Johanne de la Carre Saumery et de Philippe Hurault , Comte de Cheverny, père du constructeur du château et ministre de la justice des Rois Henri III et IV.
La galerie
Aux murs, sont accrochés deux séries de portraits exécutés par François Clouet et Rigaud, dont un splendide autoportrait
Le salon des tapisseries
Cette pièce est particulièrement réputée pour ses tapisseries Flamandes brodées au XVII siècle qui représentent assez fidèlement des moments de la vie quotidienne de l’époque, comme la basse-cour ou la kermesse Flamande.
Le petit salon
Cette pièce est pour ainsi dire réservée aux représentations des ancêtres de la famille, parmi lesquels une Marquise de Vibraye et surtout Henri Hurault, comte de Cheverny, le constructeur du château .
La bibliothèque
Garnie d’environ 2 000 livres, elle est sans doute une des pièces les plus agréables du château. Le bureau est signé Jacob, ébéniste de l’Empereur Napoléon Premier.
Le jardin des apprentis
Jeux de formes et de couleurs, ce jardin contemporain évoque à la fois le jardin classique par sa structure géométrique axée, ses parterres et ses salles mais aussi le jardin anglais, par la création de tableaux de lumières et de couleurs qui conduisent le regard au-delà des chemins. Echappant à une définition en terme de style, ce jardin est contemporain par sa façon de mettre en relation le lieu, son histoire et celle des hommes qui y ont vécu, et de jouer librement avec les formes, dans le seul but de créer un dialogue sensible et sans cesse renouvelé entre le visiteur, l’espace, les couleurs et l’air.